Les Demoiselles Couperin
À la fin du 17° siècle, sous l’impulsion de Louis XIV, les femmes prennent une place de plus en plus prépondérante dans la musique sacrée, les voix de dessus étant jusqu’alors confiées aux enfants maitrisiens et aux castrats. Les filles de Lalande ainsi que Marguerite Louise Couperin sont notamment les toutes premières femmes à pouvoir chanter à la tribune de la Chapelle Royale de Versailles.
Les parties vocales sont de plus en plus virtuoses, on se presse pour entendre les grandes sopranos de l’Opéra dans les offices des ténèbres, et les couvents et institutions religieuses telles que les Demoiselles de St Cyr rayonnent par leur excellence musicale.
Dans ce programme de motets de François Couperin, nous avons choisi de recourir à un petit chœur de femmes au lieu des deux voix solistes uniques dans les parties polyphoniques. Cette configuration offre une vision inédite d’une profondeur inouïe de cette merveilleuse musique, recréant l’atmosphère singulière des ensembles féminins des institutions religieuses à l’aube du Siècle des Lumières.
Ainsi la célèbre Troisième Leçon de ténèbres composée pour l’Abbaye de Longchamp, se révèle comme un dialogue prodigieux entre les versets solistes et les duos confiés au chœur de femmes qui s’apparente désormais à une véritable schola.