
LE GRAND JEU :
FLORILÈGE BAROQUE FRANÇAIS
Gaétan Jarry, grand orgue
Lully, Rameau, Dandrieu, Grigny, Louis Marchand, Corrette, Purcell, Charpentier, Haendel.




Ce salmigondis aux allures de produit dérivé ne présenterait aucun intérêt s'il n'était mis en œuvre par un interprète d'exception, Gaétan Jarry. Habitué de la chapelle comme organiste et comme chef, artisan d'un disque vocal et instrumentai remarquable consacré aux noëls (cf.nº 686), il se lance ici dans une aventure aussi contestable que risquée.
Mais, bon sang ne saurait mentir, ses pirouettes techniques et esthétiques ne se départissent jamais du plus parfait bon goût, ce qui est bien le moins à Versailles. Sur son orgue royal 2.0, l'Ouverture d’Atys déploie une incroyable polyphonie, le Sommeil du même opéra une très touchante scénographie, les danses de Rameau virevoltent dans un séduisant clair-obscur, et l'on se prend à verser une petite larme en écoutant sa Didon privée de parole. Tant qu'à renoncer à la vraisemblance historique la plus élémentaire, autant y aller à fond... mais avec talent !
Diapason - Vincent Genvrin
Avec son Ensemble Marguerite Louise, rêve de jeunesse réalisé de main de maître, Gaétan Jarry est devenu l'un des plus grands interprètes de la jeune génération du baroque français. Chef reconnu, le jeune Versaillais n'en demeure pas moins, avant tout, un brillant organiste. Formé notamment par Frédéric Desenclos et Michel Bouvard tous deux organistes à la Chapelleroyale, il a acquis une connaissanceintime du classique français, qui est pour lui une seconde nature. C'est ce que rappelle ce premier enregistrement entièrement à l'orgue qui
mêle avec brio grandes pages de ce répertoire et transcriptions d'opéras ou de concertos.
Artiste fort complet à la manière des musiciens du Grand Siècle, Gaétan Jarry nous fait toucher du doigt, avec un sens de la direction et de la tension dramatique admirables, la profonde connexion qui existait, sous le règne de Louis XIV, entre le répertoire pour orgue et la musique tout court. Quel glorieux Te Deum n'eût pas fait ce Grand Dialogue de Marchand ! Quel récit admirable que ce Sommeil d'Atys qui aurait pu figurer dans n'importe quel livre d'orgue de l'époque! La fougue de l'interprète, un rien nerveuse, emporte l'adhésion et fait de ce récital un beau moment de fraîcheur.
Classica - Aurore Leger